Peut-on apprendre le malgache quand on a été nul en langues à l’école ?

Dans les lignes qui suivent, je vais tenter de répondre à la question que beaucoup d’entre vous se posent : « Est-il possible d’apprendre le malgache quand on est nul en langue ?« .

Vous avez envie d’apprendre le malgache ? Vous pensez que l’apprentissage des langues n’est pas pour vous ?
Vous avez passé 7 ans sur les bancs du collège et du lycée à apprendre l’anglais, l’espagnol, l’allemand ou l’italien ?  Vous avez tout oublié quelques années après ? Vous pensez que ça sera pareil avec le malgache ? Vous pensez qu’apprendre une langue éloignée du français comme le malgache n’est plus de votre age ?

Pour apprendre le malgache, vous avez pris des cours ou vous avez tenté d’apprendre seul avec un livre.
Vous avez essayé d’apprendre avec vos amis ou votre famille malgache. Vous n’avez pas fait beaucoup de progrès.
Et surtout, vous en avez assez d’apprendre de manière scolaire.
En fait, vous êtes persuadé que vous êtes nul en langues.

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©lassedesignen

Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul.

Ce n’est un secret pour personne. Les français sont nuls en langues … Les français sont les derniers de l’union européenne en anglais (étude Education first de Nov 2015)…et chaque année, la France stagne ou régresse dans ce classement.

Je ne fais pas exception, je suis nul moi aussi en langues. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. En 3ieme j’étais amoureux de ma prof d’anglais (comme tous les garçons de ma classe). Elle avait 24 ans à l’époque… Je ne manquais pas de motivation (lol), mais ça n’a pas amélioré mes résultats.

Alors pourquoi les français sont-ils si nul en langues ?  Il y a plusieurs raisons.

Une politique inadapté

Il y a cette satanée loi Toubon de 1994. Nous au lycée, on l’appelait loi “AllGood”. Moi, je n’ai jamais compris pourquoi du jour au lendemain, au nom de la protection de la langue française, on remplaçait à la radio U2 et les Beatles par Ophelie Winter et Larusso. Aujourd’hui, encore 22 ans après aucun programme n’est diffusé à la TV par défaut en VO.

Savez-vous qu’en raison de cette loi, des documents techniques rédigés à l’origine en anglais dans les entreprises internationales (comme Renault par exemple) doivent être traduit en Français … alors que ces documents sont à destination des Japonais et qu’ils ne seront jamais lu en Français ? Ne serait-il pas plus simple pour tout le monde d’apprendre l’anglais au lieu de faire deux fois le même travail ingrat ?

L’écrit est privilégié au détriment de l’oral

Déjà, il suffit de faire un petit calcul … Si on fait 90h d’anglais par an dans une classe de 30 élèves et que le professeur parle la moitié du temps, cela signifie que l’on parle 1h30 d’anglais /an.  Ainsi, faute de moyens et par facilité, l’enseignement se concentre sur l’écrit au lieu de l’oral.

L’auto-censure

Par ailleurs,   le niveau d’exigence est tel que beaucoup de professeurs considèrent que tant qu’on ne parle pas parfaitement, il ne faut pas prendre la parole en cours. Ceux qui parlent mal sont sanctionné par des mauvaises notes. Pourtant, c’est en faisant des erreurs que l’on progresse. La grammaire n’est que de l’élégance. L’important dans une langue “au début” c’est que l’on se comprenne. Le but n’est pas de faire de la littérature.

Et si on pouvait faire autrement ?

Je me suis toujours demandé comment cela se fait-il que la plupart des élèves quittent le lycée sans savoir parler une deuxième langue et que d’un autre côté des personnes comme les polyglottes parlent une dizaine de langues et peuvent parler courramment une nouvelle langue couramment tous les 3 mois.

En étudiant un peu ces personnes capable de parler 7 , 10 ou 12 langues… Je me suis rendu compte qu’elles avaient toutes quelque chose en commun. Elle étaient aussi nulles que vous et moi en langues à l’école. Et, les polyglottes n’ont pas de super pouvoirs, ni de QI super élevé … Mais les polyglottes ont surtout une méthode et un état d’esprit différent pour apprendre.

Par exemple, Benny Lewis surnommé « le polyglotte Irlandais » n’avait pas au départ le gène des langues. Il a eu beaucoup de difficultés au départ pour apprendre l’espagnol. Et même, en habitant en Espagne et en prenant des cours sur places, il n’a pas fait de progrès notable. Puis un jour, il a découvert que pour apprendre une langue … il faut tout simplement la parler, sans se poser de question et cela même si on ne maîtrise pas la langue. Ce n’est qu’en pratiquant et en faisant des erreurs que l’on progresse.

En fait, la stratégie que les personnes comme Benny Lewis qu’appliquent c’est juste d’apprendre de manière efficace et en prenant du plaisir. Rien ne sert d’apprendre tous les mots d’une langue, il suffit d’apprendre les bons, ceux qui nous sont vraiment utile. Pareil pour la grammaire, seules certaines structures de base sont utiles, et suffisent 80 % du temps.

Et le malgache dans tout ça ?

Oui, vous allez me dire et le malgache dans tout ça ?

Ce dont on a vraiment besoin pour bien apprendre le malgache, c’est de ne faut pas faire les mêmes erreurs qu’à l’école … et d’appliquer les principes des polyglottes.

Il faut :

  • acquerir le minimum vital en vocabulaire… et parler dès le premier jour sans attendre de maîtriser la langue : il suffit de connaître 1 mot pour dire bonjour, 10 mots pour être poli, de 30 mots pour se présenter, de 100 mots pour avoir une conversation. Pas besoin d’apprendre tous les mots de votre manuel malgache … il faut juste apprendre les bons et ceux dont vous avez le plus besoin. On est pas tous dans la même situation. Certains ont besoin du malgache pour visiter Madagascar, d’autres pour faire de l’humanitaire, pour séduire un(e) malgache, pour se faire des amis, ou pour travailler avec des malgaches.
  • se baigner dans la culture malgache. Il faut consommer du contenu en malgache en masse ! On peut faire ça en écoutant la musique et en regardant des vidéos en malgache sur youtube, en lisant du malgache sur facebook et sur des sites de news.
  • Pour progresser en prononciation, il faut faire comme les bébés quand ils apprennent à parler : écouter d’abord, répêter ensuite. La difficulté avec le malgache, c’est de trouver des ressources … mais avec internet aujourd’hui cela n’a jamais été aussi facile de trouver du contenu.
  • ne pas avoir peur de faire des fautes. Certains amis m’ont dit avoir peur des moqueries … certains ont honte … et moi aussi … Il ne faut pas s’arrêter à ça. Il suffit de trouver une personne comprenant la démarche d’apprentissage et parler le plus souvent avec elle. Pour cela, Skype aide beaucoup. Sinon, au départ on peut s’entraîner à parler tout seul.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, et qui veulent apprendre des mots ou des expression vraiment utiles, j’ai créé un mini-guide de conversation. Pour le demander, il suffit de cliquer sur ce lien => Télécharger mon guide de conversation

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